Festival de Bellac

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Tant qu'il y aura des brebis (portraits)

À partir d’entretiens réalisés avec des tondeurs et tondeuses de mouton.

Une fantaisie documentaire, un portrait du métier de tondeur de moutons interprétés par deux comédiens, où on nous parle d'agriculture, d'un savoir-faire, de notre rapport au travail et surtout de moutons et d'humains. Un beau clin d’oeil au Mondial de Tonte de Moutons qui se tiendra la 1ère semaine de juillet 2019 au Dorat.

Sur scène, deux tabourets, deux comédiens. Ils s'adressent aux spectateurs. Ils chantent parfois. Ils vont jusqu'à danser. Enfin, ils jouent. Et ils donnent à entendre la parole d’une communauté d’artisans dont on soupçonne rarement l’existence : Celle des tondeurs et tondeuses de moutons. 

 

« Nous voulons mettre en scène ce savoir-faire nécessaire et vieux comme la laine. Nous voulons le faire avec la simplicité qu’ont les tondeurs et tondeuses en arrivant sur une ferme pour y installer leur chantier de tonte. Nous avons l’envie d’évoquer le pastoralisme sans nostalgie, passéisme, ni folklore artificiel, de laisser entendre le rapport au monde qu’il implique et défend, et entrevoir combien il nous semble riche et pertinent aujourd’hui. Nous voulons parler d’un métier qui réinterroge nos habitudes dans le travail par sa singularité. Nous avons l’envie de dépeindre une technique qui, à force de précisions et d’ajustements, devient un art, une danse. Enfin nous ne voulons pas d'une oeuvre muséale sur la tonte : nous voulons jouer de tout cela. »

Genèse du projet

Lors de l'été 2015, alors que je travaillais comme ouvrier agricole chez un ami d’enfance tondeur et paysan, celui-ci m’emmène à la Fête de la Tonte à Seissac. « Tu verras ils sont comme toi », me dit-il. Je découvre alors la communauté des tondeurs et tondeuses de moutons : si soudée en apparence et si accueillante, si joyeuse de se retrouver, si petite et si importante, si fière aussi et qui met en scène sa propre virtuosité lors de concours. Je découvre encore la laine, les laveries, les filatures, le feutre, le textile, et les milles usages d’une matière vivante. Assez vite, lors de cette fête, les récits que j’entends me donnent des envies de théâtre. Me vient en tête l’obsédante évidence de porter à la scène cette parole rare, défenderesse d’une vision de la paysannerie qui fait sens pour moi, et chargée de passions inattendues autant que troublantes.

Une parole délaissée et nécessaire

Quelques jours plus tard, j'apprends que l'entreprise Monsanto tente de racheter la société d'agrochimie Syngenta. Le contraste m'interpelle entre les ouvriers et artisans moutonniers réunis dans la fête et cette fusion annoncée de deux géants de l'agro-industrie qui, au nom du profit, imposent leurs lois au monde agricole. Le même été encore, j'assiste à une manifestation de paysans qui déversent de la boue, des pneus et de la paille – le fumier est trop précieux – devant une enseigne de la grande distribution pour protester contre la baisse des prix du porc et du lait. Le spectacle est sublime, mais rien n'y a fait : cet été là, les prix ont baissé. Ces évènements à la suite m'ont remis au coeur ce que je croyais déjà savoir : les agriculteurs et agricultrices ont peu la parole, sont de moins en moins nombreux, et toujours plus serviles face à l'industrie. Et rien ne change, tous les deux jours en France un paysan se suicide. Je voulais donc participer d'une façon ou d'une autre à porter leur voix. Et parmi eux m'ont touché singulièrement les moutonniers, rebelles à la loi du marché parce que le mouton se vend mal et qu'ils travaillent par passion ; et plus précisément encore les tondeurs, qui n'ont pas de statut légal, s'auto-organisent, et résistent à l'industrialisation puisque leur métier ne s'automatise pas ou trop mal. Ils incarnent d'une certaine façon une vivante alternative au système agricole dominant. C'est par leur prisme que nous verrons le monde paysan.  Arthur Amard 

 

 

 

EN (SA)VOIR PLUS

Avec  Arthur Amard et Maybie Vareilles

Mise en scène  Léa Carton de Grammont

Regard chorégraphique  Cécile Laloy

Travail vocal :Myriam Djemour

Production déléguée Comédie de Caen, Centre Dramatique National de Normandie

 

INFORMATIONS ET RÉSERVATIONS

05 55 60 87 61
info@theatre-du-cloitre.fr

THÉÂTRE DU CLOÎTRE

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Rue Gérard philipe
87300 Bellac
Haute-Vienne • Limousin

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